Historique

 

L’époque des navigateurs

 

En 1664, le cartographe Val d’Abbeville indique que l’île possède le nom de « conétable » ou de « isle aux oyseaux ». Le mot connétable serait une déformation du mot hollandais constapel qui signifie canonnier.

Cette appellation viendrait des capitaines des navires hollandais qui avaient pour habitude de tirer un coup de canon en direction de l’île pour le «plaisir» de voir s’envoler des milliers d’oiseaux à l’arrivée sur Cayenne après la traversée de l’Atlantique. Le rocher du Connétable était le premier point de repère pour les navires à l’approche de la côte cayennaise.

 

 

 

L’époque de l’exploitation minière

Représentation du travail fourni sur l’Ile du Grand-Connétable (Crédit : J-P. Penez)De 1884 à 1915, une compagnie américaine exploita intensément le guano et la roche riche en Phosphate présents en abondance sur l’île, pour répondre à la demande de l’industrie des engrais.

Près d’une centaine de personnes vivait alors sur le Grand-Connétable, dont la plupart étaient des travailleurs recrutés sur la côte. Les roches étaient extraites à coups de pioche et de dynamite puis les blocs étaient chargés à la main sur des navires. Cette exploitation modifia complètement l’aspect de l’île : le dôme des origines se transformant lentement en un grand plateau circulaire dominé en son centre par un piton haut de 50 mètres. Le maintien du piton a été étroitement lié au projet de construction d’un phare qui avait été annoncé en 1863. La partie centrale de l’îlot a donc été préservée de l’exploitation minière, mais aucun phare ne fut finalement érigé sur l’île malgré les engagements de la compagnie qui entretenait quand même un feu au sommet. C’est donc grâce à ce projet que le Grand-Connétable doit sa morphologie actuelle si particulière.

Deux espèces d’oiseaux disparurent de l’îReprésentation de l’Ile du Grand-Connétable à la fin du XIXe siècle (Crédit : J-P. Penez)le durant cette période : le Phaéton à bec rouge et le Fou brun. Avant l’exploitation minière, l’île du Grand-Connétable était en effet un paradis pour les oiseaux marins. En 1867, un naturaliste polonais appelé Konstanty Jelski écrira dans ses mémoires « Plus nous nous approchions de cette roche, plus il y avait d’oiseaux dans l’air. Quand nous avons jeté l’ancre, des oiseaux nous entouraient de toute part. M. Payen, le médecin du navire, commença à tirer dessus et certains tombèrent sur le pont du bateau. Il s’agissait en majorité de Fou brun. Il y avait aussi beaucoup de Sternes fuligineuses, mais également des Frégates superbes et des Phaétons à bec rouge. ».

 

L’époque moderne

 

Peu d’informations sont disponibles sur la période située entre la fin de l’exploitation minière et les années 1970. Quelques écrits datant de 1975, par Michel Condamin (ORSTOM), ont été retrouvés et faisaient mention d’un projet de création de réserves naturelles sur le littoral guyanais où avait été identifié l’Ile du Grand-Connétable. L’émergence d’une ornithologie de terrain à la fin des années 70 avec Jean-Luc Dujardin et Olivier Tostain a permis une visite régulière du site et une meilleur compréhension de la richesse de ce site de reproduction.

En 1992, le décret de création de la Réserve Naturelle de l’Ile du Grand-Connétable paraît ; la première réserve en Guyane est ainsi créée. Sa gestion est confiée à l’association SEPANGUY (Société d’Etude, de Protection et d’Aménagement de la Nature en Guyane) et à Olivier Tostain qui en sera le premier conservateur. En 1997, l’association ARATAÏ, déjà gestionnaire des réserves naturelles de Kaw-Roura et des Nouragues, reprend la gestion de la Réserve Naturelle de l’Ile du Grand-Connétable. Le premier plan de gestion est ensuite approuvé en 2008 et la gestion est confiée au GEPOG (Groupe d’Etude et de Protection des Oiseaux en Guyane) ainsi qu’à l’ONCFS (Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage. En 2013, le second plan de gestion de la Réserve est validé et en 2016 le GEPOG devient l’unique gestionnaire.

Vestige du four à pain et des fondations construit pendant l’exploitation minière (Crédits : RNNC)

Vestige d’un stock de minerai (Crédits : RNNC)

 

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